Muse (nom féminin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom féminin 

I.
XIII e siècle. Emprunté, par l'intermédiaire du latin Musa , du grec Mousa .
1. Chacune des neuf déesses qui, suivant les Anciens, présidaient aux arts libéraux (qu'on opposait aux activités manuelles et mécaniques). La Muse de l'éloquence et de la poésie épique (appelée Calliope), la Muse de l'histoire (Clio), la Muse de la poésie élégiaque (Érato), la Muse de la musique (Euterpe), la Muse de la tragédie (Melpomène), la Muse de la poésie lyrique et de la pantomime (Polhymnie ou Polymnie), la Muse de la danse (Terpsichore), la Muse de la comédie (Thalie), la Muse de l'astronomie (Uranie). Le séjour des Muses , le mont Parnasse.
2. Plus particulièrement, en parlant de l'art littéraire, poétique. Invoquer les Muses. Au singulier. Être visité par la Muse , par l'inspiration. Fam. Taquiner la , s'essayer à écrire des vers. Par méton. Vieilli. Les s grecques, latines, françaises , ou la grecque, latine, française , la poésie grecque, latine, française . La tragique , la poésie tragique, la tragédie. Pour désigner le génie propre à chaque poète, le caractère de son talent poétique. La de Corneille était héroïque. Titre célèbre : La Muse française , revue littéraire à laquelle collaborèrent plusieurs écrivains romantiques (1823-1824).
3. Personne ou sentiment qui inspire un écrivain, un artiste. Cette femme est sa . La mélancolie fut sa . Titre célèbre : La Muse du département , d'Honoré de Balzac (1844).


1ère signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom féminin 

Chacune des neuf déesses qui, suivant les anciens, présidaient aux arts libéraux. "Les neuf Muses. Le séjour des Muses. Invoquer les Muses. Être inspiré par les Muses. Être favorisé des Muses. La Muse de l'histoire, de l'épopée, de la tragédie, de la comédie, de la poésie champêtre, de la danse, etc."
Fig., "Les nourrissons, les favoris, les amants des Muses," Les poètes.
MUSES, au pluriel, désigne aussi, figurément, les Belles-Lettres, et principalement la Poésie. "Cultiver les s."
Fig., "Les s grecques, les s latines, les s françaises, etc.," La poésie grecque, latine, française, etc. Dans ce sens, "Muse" se dit quelquefois au singulier. "La latine. La française."
Il désigne aussi un Genre particulier de poésie. "La tragique."
Il se dit encore, figurément, du Génie de chaque poète, du caractère de sa poésie. "La de Corneille était héroïque, celle de Racine tendre et passionnée. Une enjouée, badine, sévère."
Il se dit aussi absolument, dans certaines phrases figurées, en parlant de l'Inspiration poétique. "Il a été visité par la ."
Il se dit aussi de la Personne ou du sentiment qui inspire un poète. "Cette femme est sa muse. La de la mélancolie."
Dans toutes ces acceptions figurées, il est vieux.



2ème signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom féminin 


Chasse
Le commencement du rut des cerfs.



1ère définition d'Emile Littré

Subst. féminin 



 1   Chacune des neuf déesses qui présidaient, suivant les anciens, aux arts libéraux (on met une majuscule). Clio, Muse de l'histoire ; Calliope, Muse de l'éloquence et de la poésie héroïque ; Melpomène, Muse de la tragédie ; Thalie, Muse de la comédie ; Euterpe, Muse de la musique ; Érato, Muse de la poésie amoureuse ; Terpsichore, Muse de la danse ; Polymnie, Muse de la poésie lyrique ; Uranie, Muse de l'astronomie.
BOILEAU: « Muse, redis-moi donc quelle ardeur de vengeance De ces hommes sacrés rompit l'intelligence »
VOLT.: « Le loisir fut certainement le père des Muses, les affaires en sont les ennemis, et l'embarras les tue »
A. CHÉN.: « Ô Muses, accourez, solitaires divines, Amantes des ruisseaux, des grottes, des collines »
A. CHÉN.: « Ah ! je les reconnais, et mon coeur se réveille ; Ô sons, ô douces voix chères à mon oreille, ô mes Muses, c'est vous ; vous, mon premier amour, Vous qui m'avez aimé dès que j'ai vu le jour »
MONGEZ: « On a appris par l'examen des Muses dont nous avons les statues, et de celles qui se trouvent sur les médailles et dans des bas-reliefs, que les sculpteurs anciens les ont ordinairement représentées vêtues et la gorge couverte »
    Dixième Muse, se dit, par flatterie ou par admiration, de toute femme qui cultive la poésie avec succès. Les anciens ont dit que Sapho était une dixième Muse. Les modernes ont appliqué ce nom à diverses femmes.
    Voltaire a nommé dixième Muse la critique.
VOLT.: « Nous eûmes longtemps neuf Muses ; la saine critique est la dixième qui est venue bien tard ; elle n'existait point du temps de Cécrops, du premier Bacchus, de Sanchoniaton, de Thaut, de Brama »
    Fig. Les nourrissons, les favoris, les amants des Muses, les poëtes.

 2   Fig. Les belles-lettres, et, particulièrement, la poésie (dans ce sens et dans tous les suivants on met une minuscule). Cultiver les s.
RÉGNIER: « Motin, la est morte, ou la faveur pour elle ; En vain dessus Parnasse Apollon on appelle ; En vain par le veiller on acquiert du savoir, Si fortune s'en moque.... »
    L'art de la poésie. Enfin Malherbe vint.. .
BOILEAU: « Et réduisit la aux règles du devoir »
    Les s grecques, latines, françaises, etc. la poésie grecque, latine, etc.
BALZ.: « Il est certain, et vous le savez aussi bien que moi, vous qui connaissez les bonnes choses, et qui les faites, qu'il n'y a point de s si sévères que les françaises, ni de langue qui souffre moins le fard et l'apparence du bien que la nôtre »
    En ce sens, on le dit aussi au singulier. La latine. La française.

 3   Absolument. L'inspiration poétique en général.
     Dict. de l'Académie: Il est de ceux à qui la accorde aisément ses faveurs

 4   Particulièrement, le génie de chaque poëte, le caractère de sa poésie.
BOILEAU: « Le mal est qu'en rimant ma un peu légère Nomme tout par son nom et ne saurait rien taire »
BOILEAU: « Ce n'est pas quelquefois qu'une un peu fine Sur un mot en passant ne joue et ne badine, Et d'un sens détourné n'abuse avec succès »
BOILEAU: « Je hais ces vains auteurs dont la forcée M'entretient de ses feux, toujours froide et glacée »
BOILEAU: « Mais tout ce beau discours dont il vient vous flatter N'est rien qu'un piége adroit pour vous les réciter [ses vers] ; Aussitôt il vous quitte, et, content de sa , S'en va chercher ailleurs quelque fat qu'il abuse »
BOILEAU: « Ma en l'attaquant, charitable et discrète, Sait de l'homme d'honneur distinguer le poëte »
BOILEAU: « Mais sa [de Ronsard] en français parlant grec et latin »
BOILEAU: « Damon, ce grand auteur, dont la fertile Amusa si longtemps et la cour et la ville »
BOILEAU: « Dût ma par là choquer tout l'univers, Riche, gueux, triste ou gai, je veux faire des vers »
BÉRANG.: « J'ai pris pour passagère La des chansons »
BÉRANG.: « Jouy déjà gronde ma , Dont il soutint les premiers pas »
BÉRANG.: « Quittez la lyre, ô ma , Et déchiffrez ce mandat ; Vous voyez qu'on vous accuse De plusieurs crimes d'État »
V. HUGO: « Oh ! la se doit aux peuples sans défense »
V. HUGO: « Oh ! , contiens-toi ! aux hymnes d'airain, Muse de la loi juste et du droit souverain, Toi dont la bouche abonde en mots trempés de flamme »
A. DE MUSSET: « Muse, sois donc sans crainte ; au souffle qui t'inspire Nous pouvons sans péril tous deux nous confier ; Il est doux de pleurer, il est doux de sourire Au souvenir des maux qu'on pourrait oublier »
A. DE MUSSET: « Est-ce toi dont la voix m'appelle, Ô ma pauvre ! est-ce toi ? Ô ma fleur, ô mon immortelle, Seul être pudique et fidèle Où vive encor l'amour de moi »

 5   Muse se prend quelquefois pour les poëtes, pour un poëte.
BOILEAU: « Dans la disette, une affamée Ne peut pas, dira-t-on, subsister de fumée »
BOILEAU: « On vit avec horreur une effrénée Dormir chez un greffier la grasse matinée »

 6   La personne ou le sentiment qui inspire le poëte. L'indignation est sa .
GENLIS: « La brillante marquise de la Sablière, la femme du monde qui a inspiré le plus de jolis vers, puisqu'elle était à la fois la de son mari, celle de la Fare son amant, et de la Fontaine son ami »
A. CHÉN.: « Camille, où tu n'es point, moi, je n'ai pas de »

ÉTYMOLOGIE
    Provenç. espagn. et ital. musa ; du lat. musa ; éol. Le terme grec est un participe présent, forme primitive du grec, penser, s'exalter, désirer ; Le grec est une forme éolique fréquente aux participes présents.


2ème définition d'Emile Littré

Subst. féminin 


Terme de vénerie. Le commencement du rut des cerfs. La dure cinq ou six jours.

ÉTYMOLOGIE
    Mus, radical de au (voy MUSEAU, à l'étym.)
CHARLES IX: « , comme le prouve ce passage : Ils [les cerfs] entrent dans le fort de leur rut, et ne demeurent en aucune place, ains ne font que cheminer et musser, c'est-à-dire mettre le nez en terre, et sentent par où les biches ont passé, et les poussent et chassent de cette maniere devant eux »


3ème définition d'Emile Littré

Subst. féminin 


Nom donné à quelques figues d'Égypte plus douces que les autres.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE 3. MUSE. Ajoutez : - ÉTYM. Arabe, mauz, bananier.


4ème définition d'Emile Littré

Subst. féminin 


Ancienne locution, inusitée aujourd'hui. Donner la à quelqu'un, tromper, amuser quelqu'un de belles promesses.

HISTORIQUE
    XVIème siècle
PASQUIER: « Prince qui sçavoit par belles promesses donner la à ses ennemis, et rompre tout d'une suite et leurs choleres et leurs desseins »

ÉTYMOLOGIE
    Voy. MUSER.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. féminin 


Chacune des neuf déesses qui, suivant les anciens, présidaient aux arts libéraux, et principalement à l'éloquence et à la poésie. "Les neuf Muses. Le séjour des Muses. Invoquer les Muses. Être inspiré par les Muses. Être favorisé des Muses. La Muse de l'histoire, de l'épopée, de la tragédie, de la comédie, de la poésie champêtre, de la danse, etc."
Fig., "Les nourrissons, les favoris, les amants des Muses," Les poëtes.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit aussi absolument, dans certaines phrases figurées, en parlant De l'inspiration poétique. "Il est de ceux à qui la accorde aisément ses faveurs."
Il se dit encore, figurément, Du génie de chaque poëte, du caractère de sa poésie. "La de Racine était tendre et passionnée. Il vient d'offrir au public les fruits de sa . Une enjouée, badine, sévère, déréglée."
Il se dit aussi de La personne ou du sentiment qui inspire un poëte. "La vérité a été sa . Cette femme est sa ."



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. féminin 


T. de Vénerie. Le commencement du rut des cerfs. "La dure cinq ou six jours."



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Subst. féminin 


Les Anciens ont feint que les Muses étoient des Déesses qui présidoient aux Arts libéraux, et principalement à l'Éloquence et à la Poésie; et qu'elles étoient filles de Jupiter et de Mnémosyne. Elles étoient au nombre de neuf; Clio, Melpomène, Thalie, Euterpe, Terpsichore, Erato, Calliope, Uranie, Polymnie. "Les neuf Muses. Invoquer les Muses. Être inspiré par les Muses. Être favorisé des Muses".
On appelle Les Poëtes, "Les nourrissons des Muses, les favoris des Muses. Amant des Muses".
On prend figurém. Les Muses pour, Les Belles-Lettres. "Cultiver les Muses. Les Muses l'ont consolé de ses disgrâces".
Aujourd'hui, "Muse" ne se dit ordinairement que par rapport à la Poésie. C'est dans ce sens qu'en parlant Des ouvrages poétiques d'un Auteur, on dit, que "Ce sont des fruits de sa Muse;" et, que "Sa Muse est enjouée, grave," pour dire, que Sa Poésie est grave ou enjouée.



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



MUSE, en termes de Vénerie, est Le commencement du rut des cerfs. Elle dure cinq ou six jours, pendant lesquels ils ne font que marcher, mettre le nez à terre, et sentir par où les chiens ont passé.



1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Subst. féminin 


Les Anciens ont feint que les Muses étoient des Déesses qui présidoient aux Arts libéraux, & principalement à l'Éloquence & à la Poësie; & qu'elles étoient filles de Jupiter & de Mnémosine. "Les neuf Muses. Invoquer les Muses. Être inspiré par les Muses. Être favorisé des Muses."
On appelle Les Poëtes, "Les nourrissons des Muses, les favoris des Muses."
On prend figurément Les Muses pour Les Belles-Lettres. "Cultiver les Muses. Les Muses l'ont consolé de ses disgrâces."
Aujourd'hui, "Muse" ne se dit ordinairement que par rapport à la Poësie. C'est dans ce sens qu'en parlant des ouvrages poëtiques d'un Auteur, on dit que "Ce sont des fruits de sa Muse." Et, que "Sa Muse est enjouée, grave," pour dire, que Sa Poësie est grave ou enjouée.



2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



en termes de Vénerie, est Le commencement du rut des cerfs. Elle dure cinq ou six jours, pendant lesquels ils ne font que marcher, mettre le nez à terre, & sentir par où les chiens ont passé.



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Subst. féminin 


Les Anciens ont feint que les Muses estoient des Déesses qui presidoient aux Arts Liberaux, & principalement à la Poësie, & qu'elles estoient filles de Jupiter & de Memnosine. "Les neuf Muses. invoquer les Muses. estre inspiré par les Muses. estre favorisé des Muses".
On se sert quelquefois du nom de "Muse" dans la signification de verve ou veine poëtique. Ainsi on dit en style familier à un homme qui se mesle de faire des vers, "Comment va la Muse?"
On dit aussi, d'Un Poëte qui ne fait plus de vers, ou qui n'en fait plus avec le mesme feu d'esprit, que "Sa Muse est bien refroidie".
On appelle les Poëtes, "Les nourrissons, les favoris des Muses"; & en parlant de leur cabinet, on dit, "Le sejour des Muses".
On dit, en parlant des ouvrages poëtiques de quelqu'un. "Ce sont des fruits de sa Muse".




Emplacement dans le dictionnaire :

muscosité
musculaire
musculation
musculature
muscule
musculeux
musculine
musculosité
mûse

museau
musée
museler
mûselière
museliere
muselière
muser
muserolle
musette
muséum
musical




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Jean MORÉAS (Les Stances)

...à prendre. 1er LIVRE (V) Tu crains de confesser tes imperfections, tu pleures, pauvre sot, sur ta force perdue. Je veux dix fois le jour haïr mes actions en couronnant de fleurs ma tête entrechenue. Muse, pour tes vrais fils aujourd'hui c'est demain ! Mais si leur coeur descend au niveau de la foule, ce bon vin plein d'ardeur qu'ils buvaient dans ta main tourne comme du lait et comme une eau...


Citation n°2 de Jean MORÉAS (Les Stances)

...1er LIVRE (XIV) Ce que ma fantaisie a ce soir entrepris ressemble à quelque essaim aux vibrantes antennes. Bien que la lune manque à ce ciel de Paris, la merveille du monde après celui d'Athènes. Muse, que sur mon front tu te viennes pencher en me montrant tes yeux qui sont mon plus doux charme je saisirai la lyre à l'instar de l'archer qui marche sur les morts tout en bandant son arme. 1er LIVRE...


Citation n°3 de Jean MORÉAS (Les Stances)

...face de l'orage prochain, passer sous le ciel bas, mon coeur vous accompagne, ô coureurs de l'espace ! Mon coeur qui vous ressemble et qu'on ne connaît pas. 2e LIVRE (XIX) Beaux présents que la muse, hélas ! M'accorde encore, ô mes vers, autrefois vous étiez, au jardin, la fleur qui vient d'éclore et l'oiseau dans les bois ; vous étiez le ruisseau quand le soleil l'égaie et s'en fait un miroir....


Citation n°4 de Jean MORÉAS (Les Stances)

...vient d'éclore et l'oiseau dans les bois ; vous étiez le ruisseau quand le soleil l'égaie et s'en fait un miroir. Et maintenant, mes vers, d'une mortelle plaie vous êtes le sang noir ! 2e LIVRE (XX) Muse, comment sais-tu de ces heures sinistres tisser un jour vermeil, comment à l'unisson fais-tu sonner les sistres dans un discord pareil ? Ah ! Sur ton Pinde encor se peut-il que je sache me frayer...


Citation n°5 de Jean MORÉAS (Les Stances)

...l'amour n'est plus cette source de larmes où je buvais avidement ; une fausse amitié me cause trop d'alarmes, et je sais que la gloire ment. Enveloppez mon coeur dans les plis de vos ombres ; ma muse, fille des cités, ô bois, a su garder au fond de ses yeux sombres le souvenir de vos beautés. 3e LIVRE (X) Belle lune d'argent, j'aime à te voir briller sur les mâts inégaux d'un port plein de...


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